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Faits Divers - Société
06/12/2007 - 14:18

Quand la police appelle à la dénonciation

Le Parisien/Aujourd'hui en France


Une adresse e-mail reliée à un serveur installé dans le commissariat de Toulon devrait ouvrir dans les jours qui viennent pour recevoir des informations de citoyens témoins de délits. Ce projet suscite l'inquiétude et la réticence d'avocats.



ON N'ARRÊTE PAS le progrès... Le département du Var est le terrain d'une expérience inédite pour lutter contre la délinquance : installer un serveur de messagerie à l'hôtel de police de Toulon pour recevoir informations, photos et petits films d'internautes « citoyens », témoins de délits divers sur l'ensemble du département. Les renseignements seront ensuite vérifiés en interne pour parer à d'éventuels dérapages : délation, montage, dénonciations calomnieuses...



Dans les jours qui viennent, tous les messages envoyés par courriel à l'adresse police.83/interieur.gouv.fr aboutiront au centre de commandement et d'information du commissariat de Toulon, où plusieurs policiers seront chargés de trier les informations susceptibles d'être utilisées et les messages fantaisistes ou carrément calomnieux. Les données fiables pourront ensuite être exploitées par les services compétents sous l'autorité du parquet.

« Bien évidemment, la justice prendra toutes les précautions d'usage et chaque pièce sera soumise au contrôle des magistrats », prévient Pierre Cazenave, procureur de Toulon. « En fait, l'idée vient d'un constat simple : lors de chaque événement, il y a toujours des témoins qui ont en leur possession des photos ou des documents et souhaitent les faire connaître. Ce service permet simplement de répondre à leur initiative. » Plus généralement, la direction de la sécurité publique voit dans ce projet une contribution civique des citoyens et une amélioration de l'action des services. Mais elle se refusait hier à tout autre commentaire sur une telle initiative.

Du côté du ministère de l'Intérieur à Paris, on ne dissimule pas sa surprise face à la mise en place de ce dispositif dans le Var : « C'est une initiative locale qui ne correspond pas aux projets que nous mettons en place au niveau national. A priori, ce n'est pas très intéressant et il n'est pas question de généraliser ce type de site Internet », assène-t-on place Beauvau. Le projet de l'Intérieur vise plus un système de préplainte par Internet, comme il en existe dans des pays européens comme la Belgique ou l'Italie, mais exclut toute forme de dénonciation : « Le dispositif ne visera que les plaintes contre X », confirme le ministère, qui lancera des tests en début d'année 2008, probablement dans les Yvelines et la Charente-Maritime.

« Avec ce système, comment se prévenir des abus ? »

Les syndicats de policiers, eux, ne sont a priori pas contre l'utilisation d'Internet. Néanmoins, ils réclament des moyens supplémentaires bien réels en hommes et en matériel pour exploiter ce type d'informations. « Certes, informer les services de faits susceptibles de constituer des infractions est admis dans notre droit mais, avec ce système, comment se prémunir des abus ? C'est le risque de voir dénoncer via Internet tout et n'importe quoi : son voisin, ses ennemis... et de se venger à peu de frais », remarque M e Penne, avocat au barreau de Toulon. « Sans compter qu'avec Internet on peut facilement truquer des images, envoyer de fausses informations et trafiquer des films. C'est un peu inquiétant. »





Nicolas Maury








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