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Chroniques
09/11/2007 - 17:21

Soudan et Darfour: Qui en veut à l'Union Africaine -UA-?

« On s’est fait tirer dessus comme des lapins », reconnaît un membre de la Mission de l’Union africaine (Amis) au Darfour. Le 29 septembre à la tombée de la nuit, les deux cents soldats nigérians du camp d’Haskanita, dans la province du Nord-Darfour, ont été attaqués par surprise.



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Combien étaient les assaillants ? « Deux mille », affirme sans sourciller le porte-parole de l’armée nigériane à Abuja, le colonel Giwa-Amu. Sous entendu : « À un contre dix, mes hommes ne pouvaient rien faire. » La réalité est un peu différente. De l’aveu même d’un autre officier nigérian, le général Agwai, qui commande la force africaine à Al-Facher et qui s’est rendu sur les lieux, les assaillants sont arrivés à bord d’une trentaine de véhicules. Ils étaient donc trois cents tout au plus.

En fait, l’effet de surprise a joué à plein. Au moment de l’attaque - la pire subie par l’Amis -, beaucoup de soldats priaient à la mosquée, qui a été entièrement brûlée. Le bilan est lourd. Dix morts au sein de la force africaine : sept soldats nigérians, deux observateurs militaires du Mali et du Botswana, et un policier sénégalais, ce qui porte à vingt-sept le nombre total de soldats de la paix tués au Soudan. Les agresseurs ont tout pillé et ont détruit deux blindés de transport de troupes. Puis ils sont repartis avec plusieurs voitures, des armes et des munitions. Bref, le coup était bien préparé, et aujourd’hui tout le monde s’interroge : qui a pu commettre une telle meurtrière provocation ?

Première piste : les dissidents du MJE (Mouvement pour la justice et l’égalité). Le chef de cette organisation rebelle, Khalil Ibrahim, accuse l’un de ses anciens compagnons, Bahr Idriss Abou Garda, d’avoir attaqué ce camp de l’Amis pour se faire connaître et s’approvisionner en armes et en véhicules. L’intéressé dément catégoriquement et affirme que le docteur Khalil ne fait que régler ses comptes.

Deuxième piste : la nébuleuse du MLS (Mouvement pour la libération du Soudan). C’est la thèse du général Agwai. Depuis le ralliement de Mini Minawi, l’un des chefs de file de l’organisation rebelle, au régime de Khartoum, lors de la conférence d’Abuja de mai 2006, le MLS est en miettes. Le chef historique Abdel Wahid Al-Nour a bien essayé de réunir tous les anti-Minawi sous sa bannière, mais il est loin, exilé à Paris. Sur le terrain, Minawi et Abdel Wahid ont donc laissé un vide dont profitent les petits chefs de guerre. Le problème, c’est que ces derniers sont possédés par le démon de la division - comme leurs cousins du Tchad. Plus ils se réunissent, plus ils se disputent. De nouvelles factions sont nées, comme le G19 et l’ALS-Unité (Armée de libération du Soudan-Unité). Aujourd’hui, après l’attaque d’Haskanita, les soupçons se portent sur certains chefs rebelles zaghawas de l’ALS-Unité, comme Saleh Jerbo.

Troisième piste : l’ancien rebelle Mini Minawi. Depuis son ralliement, il est en perte de vitesse. La plupart de ses combattants l’ont quitté. A-t-il voulu reprendre la main en s’attaquant au processus de paix ? De la part de celui qui est devenu quatrième personnage de l’État (prix de son ralliement en mars 2006 au régime de Khartoum), ce serait un énorme risque… à moins - et c’est la quatrième piste - que le gouvernement soudanais soit lui-même impliqué dans l’attaque. Pour l’instant, aucun observateur ne retient cette hypothèse, et le général Agwai l’exclut totalement. En attendant les résultats de l’enquête de l’Amis, un responsable de cette mission de l’Union africaine (UA) lance : « Il peut s’agir d’une attaque combinée de l’ALS-Unité et de dissidents du MJE. »

Quel est le mobile des assaillants ? Depuis un an, certains rebelles ou ex-rebelles sont devenus de simples chefs de bandes. Mais le banditisme n’explique pas tout. On n’attaque pas deux cents Casques blancs africains sans raison politique. Du côté des rebelles, il peut y avoir une surenchère entre chefs de guerre avant l’ouverture des pourparlers avec le gouvernement, prévus le 27 octobre prochain à Tripoli. Du côté du pouvoir, certains peuvent être tentés de bloquer les négociations à venir. En tout cas, les auteurs de ce raid ont manqué leur cible politique. D’Addis-Abeba à New York, les condamnations sont unanimes. S’ils sont démasqués, les commanditaires de l’assaut risquent d’être rattrapés par la justice internationale. Quant au calendrier des négociations et du déploiement de la force hybride de l’ONU et de l’UA, il est maintenu.

L’attaque d’Haskanita n’est-elle alors qu’un drame de plus ? Pas sûr. Jusqu’à présent, l’Occident ne regardait pas les deux camps du même œil.

D’un côté, il y avait le « régime génocidaire » de Khartoum, et de l’autre les « combattants de la liberté ». Le 20 mars dernier, lors d’un meeting à Paris, Abdel Wahid Al-Nour était même acclamé aux côtés de Philippe Douste-Blazy, alors ministre français des Affaires étrangères, de la candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal et d’un certain Bernard Kouchner… Aujourd’hui, les rebelles posent question.

Par son refus d’aller à Tripoli, Abdel Wahid agace fortement ses hôtes français. Et quelques-uns de ses ex-compagnons sont soupçonnés d’avoir tué des soldats de la paix. Après Haskanita, les rebelles du Darfour feraient bien de mettre un peu d’ordre dans leurs rangs.

Source: www.jeuneafrique.com/pays/soudan/

H.V/Source Web



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