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Afrique et Moyen-Orient
01/04/2008 - 22:04

Tchad: le devenir d’un peuple


Les rumeurs de paix, même s’il n’est pas contestable qu’elles existent, se font rares au point que leur ton reste belliqueux. Les initiatives de paix sont frappées de suspicion. Il se pose la question de savoir ce qui coûte le plus cher en vies humaines: les offensives ratées ou les conférences de paix? Les enjeux sont-ils seulement financiers? Ou bien s’agit-il du devenir d’un peuple, d’une nation?



Tchad: le devenir d’un peuple
C'est parce qu'il connaissent l'affection que je leur porte que les dirigeants des sites tchadiens Alwihdainfo.com et Dabio.net ne m'en voudront pas de leur faire le reproche de relayer les humeurs guerrières qui se répandent au Tchad et dans la diaspora africaine. C'est ainsi que, tout récemment, dressant un portrait du colonel Hassaballah, leader de l'UFCD, Dabio.net publie :
« Un visage osseux, des yeux noirs d'aciers fixes comme des canons de revolver, c'est un grand baroudeur réputé en 1986-1987 lors des attaques ayant entrainant la déroute des libyens. Toujours corsetés de chargeurs, fusil d'assaut en sautoir, coiffé d'un chèche vert, C'est un homme d'une bravoure et d'une intelligence exemplaire au combat. »

Pas un mot sur ce qui a fait qu'un homme tel qu'Adouma Hassaballah, dont l'allure et l'ascendance princière ne sont pas contestables, devienne un chef de guerre.  
Pas un mot mettant en valeur l'homme de cœur à qui j'ai parlé, qui m'a communiqué la passion qu'il a pour son peuple et son pays. Par delà les mots, j'ai compris la capacité d'Adouma, en authentique homme du Sahara, à rassembler, à inviter à la patience.
Hassaballah a sa propre vision du grand Sahara et cette vision s'élance au-delà des conflits et des clivages d'aujourd'hui.
M'a-t-il parlé de paix ? La réponse est évidente  mais chacun peut lui poser la question en téléphonant à El Hafez, son porte-parole.

Hassaballah n'est pas seulement un homme de guerre. Pour tout dire, il avait à me reprocher un écrit ou deux dans lesquels je mettais l'accent sur les difficultés particulières que subissent les Ouaddaïens. Et il a raison parce que le peuple du Sahara et d'Afrique est un et indivisible et, quelle que soit l'organisation qui l'administre, c'est cette vision qu'il faut garder. Mea culpa, mon Colonel. Et j'aime à ne pas douter que vous saurez encore mieux faire la paix que la guerre.


Il reste que les rumeurs de paix, même s'il n'est pas contestable qu'elles existent, se font rares au point que leur ton reste belliqueux. Les initiatives de paix  sont frappées de suspicion.  C'est le cas d'un jeune homme, un ami, qui n'hésite pas - faisant le jeu de certains politico-militaires, aussi bien de l'opposition que de certains alliés de Déby - à condamner les conférences de paix organisées ici ou là et qui ont au moins le mérite d'exister. Ce jeune frère va jusqu'à accuser de corruption les participants et organisateurs.
Se pose-t-il la question de savoir ce qui coûte le plus cher en vies humaines: les offensives ratées ou les conférences de paix? Les enjeux sont-ils seulement financiers? Ou bien s'agit-il du devenir d'un peuple, d'une nation?

La jeunesse et l'enthousiasme de mon ami plaident pour son innocence comme pour celle de tant d'autres que le camp de la guerre récupère ; un camp qui n'est pas composé exclusivement des alliés de Déby car nombreux sont les partisans de l'opposition qui, eux aussi, font de la guerre un fonds de commerce.

Au Tchad, il faut une autre dynamique; elle passe par l'impératif de poser les fondamentaux d'un fonctionnement institutionnel démocratique, largement décentralisé et respectueux des droits de l'homme, parallèlement à l'entreprise d'un ambitieux programme de développement économique.
Il appartient aux Tchadiens et à tous ceux qui sont soucieux de la paix de  promouvoir une nouvelle dynamique avec ou sans Déby, avec ou sans les gens de guerre, d'un bord ou de l'autre.

Ceux qui, usant de l'argument classique de l'ingérence du non-Tchadien que je suis dans une affaire tchado-tchadienne et pensent que la guerre (mettant au pouvoir un guerrier derrière celui qu'ils renvoient de facto au Soudan)  est le seul moyen de sortir de l'ornière, peuvent se passer d'utiliser la zone commentaires: je connais suffisamment de Tchadiens volontaires pour la paix.

Henri Vario-Nouioua










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