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Faits Divers - Société
15/11/2007 - 01:33

Yvan Colonna face à l'examen des faits

"Je suis innocent. On part de là": c'est la seule introduction qu'a voulu donner Yvan Colonna à l'ouverture mercredi de l'examen des faits qui lui sont reprochés par la Cour d'assises spéciale de Paris.



"Comme au premier jour, a affirmé le nationaliste corse, je dis que je n'ai pas participé à l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, pas plus qu'à celle contre le préfet Claude Erignac, pas plus que je n'appartiens au groupe des anonymes", nom donné par les enquêteurs aux sept militants responsables, selon eux, de ces deux actions.

Six ont été condamnés en 2003 à des peines de prison de 15 ans à la perpétuité. Pour l'accusation, Colonna est le septième.

Après deux jours consacrés à l'acte d'accusation et à la personnalité de l'accusé, la cour a entamé l'examen de l'attaque de cette gendarmerie de Corse-du-Sud, le 6 septembre 1997, dont le berger de 47 ans doit aussi répondre.

L'attentat à l'explosif de la caserne de Pietrosella est capital parce que les trois balles dans la nuque qui ont tué le préfet Erignac provenaient de l'une des deux armes volées à deux gendarmes brièvement retenus en otage durant cette opération.

En guise de signature, l'arme avait été laissée à côté du corps du préfet, assassiné à d'Ajaccio le 6 février 1998.

Certains complices présumés de Colonna avaient expliqué aux enquêteurs que c'était à cause du manque d'impact médiatique de l'attaque de Pietrosella qu'ils avaient décidé l'attentat contre Claude Erignac, "cible la plus symbolique", puisque plus haut représentant de l'Etat dans l'île.

Les gendarmes Didier Paniez et Daniel Herniaux ont décrit l'attaque, de nuit, par des hommes encagoulés et armés , donc non identifiables --même s'ils "parlaient corse entre eux"-- tandis que l'un (ou des) complice (s) dynamitai(en)t la gendarmerie.

Les deux sont d'accord: il y avait cinq hommes dans la camionnette qui les a emmenés dans le maquis, sans compter au moins un autre avec lequel ils correspondaient grâce à un émetteur-récepteur.

Pour l'accusation, cela suffit à pouvoir placer Colonna dans le groupe puisque cinq de ses complices présumés ont déjà été condamnés pour leur participation à cette attaque. Atteint d'une tendinite au genou, le sixième était resté chez lui.

Herniaux, dont l'arme volée a servi au crime, a "pris sur lui" après cette épreuve. "Une partie de moi est partie ce soir là... Depuis, je suis inapte au terrain, inapte au port d'arme...Je suis dans les bureaux", raconte son camarade Paniez.

Dans son box, Colonna écoute, impassible. "Je ne suis pas pour livrer mes états d'âme", dit-il pour justifier son refus de se soumettre à des examens psychologiques en prison.

"J'étais plus que méfiant" à l'égard des deux experts envoyés par les magistrats instructeurs. "J'étais présenté comme coupable à tout prix. J'étais sûr que cela allait être interprété à charge contre moi".

"C'est un acte de défiance, une réaction militante. Je l'ai appris dans mes années lointaines de militant", explique-t-il, tandis que le président Dominique Coujard lui demande si cette attitude de refus ne suit pas les instructions d'un "vade-mecum" distribué aux activistes corses en cas d'arrestation.

Auparavant, sa compagne Pierrette Serreri, 53 ans, avait évoqué la "vie de couple ordinaire" menée avec lui, malgré deux brèves séparations. Beau-père "attentif" pour Virgile, né d'un premier mariage, puis père entretenant un lien "fusionnel" avec leur fils Jean-Baptiste, aujourd'hui âgé de 17 ans, raconte cette restauratrice saisonnière du village de Cargèse.

H.V/Source Edicom









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