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Afrique et Moyen-Orient
07/03/2009 - 15:09

Afghanistan: Présidentielle en août

Le président afghan Hamid Karzaï a annoncé samedi qu'il approuvait la décision de la commission électorale d'organiser l'élection présidentielle le 20 août, après avoir demandé la semaine dernière que le scrutin ait lieu en avril.



Le président afghan a tenté de justifier cette marche arrière en accusant à mots couverts ses adversaires politiques d'avoir saboté le consensus sur la question.

"J'approuve la date qui a été annoncée par la commission électorale", a déclaré Hamid Karzaï au cours d'une conférence de presse, trois jours après la décision de cette commission de maintenir la date du 20 août pour l'élection présidentielle en Afghanistan.

"Les députés ont voté une résolution contre la date du 20 août et en ont appelé à moi en tant que gardien de la constitution. Si une décision politique n'est pas acceptée, il faut en revenir à la constitution", a-t-il poursuivi, pour expliquer son décret demandant une élection avant le 21 avril. "Maintenant, nos amis disent que la décision de la commission électorale est acceptable", a-t-il ironisé en faisant référence à l'opposition.

La commission électorale avait invoqué des raisons logistiques et météorologiques, ainsi que les conditions de sécurité, pour justifier cette date, alors que la constitution prévoit que la présidentielle doit avoir lieu entre 30 et 60 jours avant la fin du mandat du président sortant, soit entre le 21 mars et le 21 avril.

Mais la question reste entière de savoir qui va diriger le pays après le 21 mai, date de la fin du mandat d'Hamid Karzaï, que ses adversaires accusent de vouloir se maintenir au pouvoir. Hamid Karzaï a évoqué la recherche d'un "consensus national" sur cette question, alors que l'opposition a demandé la désignation d'une administration d'intérim pour assurer la vacance du pouvoir entre mai et août.

L'hypothèse de l'instauration de l'état d'urgence par le président Karzaï, pour justifier son maintien au pouvoir jusqu'en août, n'est pas exclue par les observateurs.

Le président afghan a une nouvelle fois laissé entendre qu'il serait candidat à une réelection: "Je souhaite pouvoir achever les chantiers entamés pour le développement de l'Afghanistan, l'amélioration de ses relations avec le monde et ses voisins, la prospérité du peuple afghan". "Mais je ne le ferai que si je peux être un facteur de stabilité pour l'Afghanistan (...), si je peux être un candidat dont le peuple afghan soit satisfait", a-t-il nuancé.

Hamid Karzaï a évoqué ses relations complexes avec les Etats-Unis, qu'il avait comparées à un match de lutte en février, alors que la colère gronde en Afghanistan avec la multiplication des victimes civiles dans les bombardements.

"J'ai été obligé d'aller aussi loin", a-t-il répété à quatre reprises. "J'ai dû aller aussi loin pour obtenir l'attention des Etats-Unis sur ce problème très sérieux qui mettait en danger nos succès et notre avenir". "Les fondements de notre relation sont très forts et ils vont continuer à se renforcer quel que soit le président de ce pays", a-t-il assuré.

Près de 5 millions de personnes, dont 32% de femmes, sont inscrits sur les listes électorales, pour participer au deuxième scrutin présidentiel au suffrage universel direct de l'histoire du pays. Le premier avait été remporté avec 55% des suffrages fin 2004 par Hamid Karzaï, de plus en plus contesté ces derniers mois, en raison de son échec face à la montée de la violence et de la corruption


Source: Yahoo News


Awa Diakhate







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