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Sénégal d'Aujourd'hui
12/08/2009 - 21:00

Echanges d'insultes entre le pouvoir et l'opposition

Ceux qui estiment que le Président de la République, Me Abdoulaye Wade ne devaient tenir ces propos à l’endroit de l’Opposition et ceux qui estiment que la lettre de «Benno» est irrespectueuse du statut du Chef de l’Etat sont à ranger dans les mêmes placards. L’Opposition tout comme le pouvoir sont tous irresponsables. Et le niveau du débat politique actuel démontre que les hommes politiques de ce pays d’où qu’ils militent, ne se soucient pas de l’avenir de ce pays.



D’abord, en toute responsabilité, nous estimons qu’un dialogue politique entre le Pouvoir et «Benno Siggil Sénégal» n’a aucun sens. Un dialogue aboutit à quelque chose. Mais ce dialogue annoncé n’aura aucune issue. Que cherchent-ils ? Un Gouvernement d’union, de majorité élargie ? Amath Dansokho, le poumon de la Coalition Benno a déclaré qu’ils iront au Palais pour demander à Wade de quitter le pouvoir. En disant cela, l’ancien Maire de Kédougou est persuadé que Wade, pour rien au monde ne leur cédera son pouvoir. Lui qui s’apprête à briguer un autre mandat. Ils ne seront d’accord sur rien. Absolument rien !

Tout de même, des initiatives ont été prises de part et d’autre pour trouver une plage de convergence. Le Président de la République a nommé un Ministre chargé des questions politiques en la personne de Serigne Mbacké Ndiaye du parti de Abdourahim Agne que certains accusaient d’être la taupe de Wade dans l’ancien coalition Cpc. Bref, le Pouvoir a posé des actes allant dans le sens d’un dialogue même s’il manque encore de conviction. Le premier Ministre Souleymane Ndéné Ndiaye sera désigné par Wade pour discuter avec une équipe restreinte de l’Opposition pour définir les termes de références. Contre coup, l’Opposition forme de son côté un groupe restreint pour rencontrer le Premier Ministre.

Les leaders de «Benno» rédigent à cet effet, une correspondance adressée au Chef de l’Etat. Mais le hiatus c’est que cette lettre a eu l’effet opposé. Car son contenu a été jugé provocateur et excessif par Wade qui n’a pas tardé à répliquer. Qu’est-ce qui n’a pas plu à Wade dans la correspondance de Benno ? C’est deux lettres, mais les termes qui irritent sont à retrouver dans le document annexe. Là, ils disent : «L’Etat de droit et les libertés : dans notre pays, les libertés individuelles et collectives sont en péril depuis que l’Etat qui a la charge de les protéger et d’assurer leur existence et leur exercice, se fonde sur une conception liberticide de la notion d’ordre public pour porter atteinte aux libertés d’expression, de manifestation et d’entreprendre». «Il s’y ajoute l’adoption de la loi portant amnistie des auteurs d’assassinats, de crimes et délits politiques, telle l’affaire de l’assassinat de Maître Babacar Sèye. Cette question est à mettre en rapport avec l’impunité ambiante qui assure une protection automatique aux tenants et aux proches du régime, cités dans de graves affaires telles la tentative d’assassinat de Talla Sylla, l’agression des journalistes Boubacar Kambel Dieng et Karamokho Thioune, le saccage des locaux de «24 h Chrono» et de «l’As» dit Benno dans sa lettre. Les urgences sociales, la gestion des finances publiques et du patrimoine national, le système électoral, la gouvernance institutionnelle et politique, l’économie et l’environnement des affaires, la politique d’emploi, la situation des secteurs sociaux stratégiques et la situation en Casamance sont les autres points énumérés. Les leaders de l’Opposition ont pensé que Wade est en mauvaise posture, il faut donc passer à l’offensive pour le faire reculer et l’amener à les suivre dans leur logique politique.

Mais en réalité, Benno dans sa lettre a fait fi du passé du Sénégal. Car ce pays n’est pas né en 2000. S’il faut trouver un remède aux maux dont souffrent le Sénégal, il faut remonter le plus loin possible dans l’histoire politique du pays. Nulle part dans sa correspondance, Benno n’a fait des propositions concrètes pour sortir le pays de cette situation de crise. La lettre de Benno est truffée de questions générales. Il faut tout simplement changer l’entête de la correspondance et elle devient recevable pour tous les Chefs d’Etat du monde. Le Sénégal a besoin de solutions économiques d’abord et politique ensuite. Benno pense-t-il réellement que l’arrestation des assassins de Me Babacar Sèye et de leurs commanditaires pourrait aider à la baisse du prix du riz, la résolution des délestages, la baisse des prix des denrées de grandes consommations et la diminution des grèves dans le secteur de l’Education. Il est bien d’être de fervents militants d’un Etat de droit mais il faut aussi savoir hiérarchiser les priorités du moment.

Les leaders de l’Opposition tout comme ceux de la Mouvance présidentielle ont une troublante analogie dans leur manière de concevoir la politique. Ils sont tous irresponsables. La réponse de Wade est égale à l’adresse de Benno. Le Président Wade qui a soulevé les assassinats de Sadibou Ndiaye, de Alfouseyni Cissé et d’autres cafards cachés depuis le régime socialiste a voulu répondre coup par coup. Mais il est lui aussi passé à côté de l’essentiel. Il est traité aujourd’hui au même pied que son opposition.

C’est le Sénégal qui est malheureux. Le pays ne mérite pas cette classe politique qui, de jour en jour déçoit le Peuple. Les tenants du Pouvoir sont aussi irresponsables que les leaders de l’Opposition.
En quoi l’ouverture des dossiers du Commissaire Sadibou Ndiaye et d’Afousseyni Cissé peut-il servir le Sénégal. Les priorités du moment ne sont pas les déballages et les insultes. Surtout si cela vient des autorités qui dirigent le pays ou qui ont eu à le diriger.

Les Sénégalais devront attendre encore les générations à venir pour espérer voir le bout du tunnel. Car la classe politique sénégalaise de part et d’autre n’est pas à la hauteur des attentes nationales placées en elle.



Source: Rewmi


Awa Diakhate







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