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24/08/2009 - 19:03

L'Ecosse défend sa décision de libérer le Libyen Megrahi

Face aux critiques des Etats-Unis et aux réserves du gouvernement de Londres, les autorités autonomes écossaises ont justifié dimanche leur décision de libérer pour motif humanitaire l'ex-agent libyen Abdel Basset al Megrahi, condamné pour l'attentat de Lockerbie qui avait fait 270 morts en 1988.



Après les protestations du président Barack Obama et d'Hillary Clinton, la dernière attaque en date est venue du directeur du FBI, Robert Mueller, qui a écrit au ministre écossais de la Justice Kenny MacAskill pour dénoncer une décision qu'il juge inexplicable et préjudiciable à la justice.

"Votre acte ridiculise l'état de droit. Votre acte conforte les terroristes à travers le monde", écrit-il dans ce courrier mis en ligne sur le site du FBI.

Un site internet, "www.boycottscotland.com", a été lancé aux Etats-Unis pour dénoncer la libération de Megrahi, et il s'en prend également au gouvernement de Londres.

Le Premier ministre écossais Alex Salmond a rejeté ces accusations, soulignant que l'Ecosse n'avait fait qu'appliquer sa législation.

"Evidemment, notre décision a déçu et blessé beaucoup de gens aux Etats-Unis (...) Nous comprenons cela, nous l'admettons mais la procédure de libération pour raison humanitaire n'a rien à voir avec la culpabilité ou l'innocence de la personne concernée. Il s'agit d'une mesure fondée essentiellement sur l'état de santé du détenu", a-t-il expliqué.

"Nous avions à examiner une demande de libération pour raisons humanitaires, déposée par M. Megrahi, aux termes de la législation écossaise. Nous devions examiner cette demande et prendre une décision incroyablement difficile, en toute indépendance, sur les seules bases du système juridique écossais", a-t-il ajouté.

Selon la législation écossaise, un détenu peut être libéré pour des raisons humanitaires si les médecins estiment qu'il a moins de trois mois à vivre.

Megrahi, atteint d'un cancer en phase terminale, a été libéré de sa prison écossaise et accueilli en héros à Tripoli jeudi soir. Il a ensuite été reçu par le numéro un libyen Mouammar Kadhafi qui lui a donné l'accolade.

L'ancien agent, qui est âgé de 57 ans et purgeait une peine de prison à vie, est la seule personne à avoir été jugée, en 2001, pour l'explosion en vol d'un Boeing 747 de la Pan Am au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie. L'attentat avait fait 270 morts dont 189 Américains.

Si les Etats-Unis ont vivement critiqué sa libération, Londres, soucieux de ne pas nuire à ses relations avec Washington, a tenu à souligner que la décision incombait uniquement aux autorités autonomes de l'Ecosse.

Mais le fils du numéro un libyen, Saïf al Islam, a affirmé que Tripoli avait fait de la libération de Megrahi une condition à la signature de futurs accords énergétiques entre la Libye et la Grande-Bretagne.

Londres a aussitôt démenti tout marchandage commercial avec Tripoli, jugeant cette idée "aussi invraisemblable qu'insultante".

"L'idée que le gouvernement britannique, le gouvernement libyen, puissent s'asseoir à une table pour marchander autour de la liberté ou de la vie de ce détenu libyen, dans le cadre d'un accord commercial, (...) n'est pas seulement fausse mais totalement invraisemblable et vraiment injurieuse", a dit samedi le secrétaire britannique au Commerce, Peter Mandelson.

Peter Mandelson a affirmé qu'il avait rencontré deux fois le fils Kadhafi depuis un an, reconnaissant que le cas de Megrahi avait été à chaque fois abordé, mais jamais en relation avec des questions économiques ou commerciales. "Laisser supposer le contraire est non seulement faux mais aussi insultant", a-t-il martelé.

Saluant le retour de Megrahi, Kadhafi a pour sa part vanté le "courage" du gouvernement autonome de l'Ecosse. "A cette heure, je tiens à adresser un message à nos amis en Ecosse, au Parti national et au Premier ministre écossais pour les féliciter de leur courage", a dit le dirigeant libyen.

Il a aussi exprimé sa gratitude à Gordon Brown et à la reine Elizabeth d'Angleterre pour avoir "encouragé" cette libération qui, a-t-il souligné, ouvre la voie à un rapprochement entre Londres et Tripoli.

Megrahi promet d'apporter la preuve de son innocence.

"Mon message aux communautés britannique et écossaise est que je montrerai des éléments (pour me disculper) et leur demanderai d'être mon jury", déclare-t-il sans autres détails.

"S'il y a une justice en Grande-Bretagne, je serai acquitté ou le verdict sera annulé parce qu'il n'est pas solide. C'est une erreur judiciaire", dit-il

Source: Reuters via Yahoo News


Awa Diakhate







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