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Tribune Libre
13/01/2020 - 13:14

L’obésité et l’Union Européenne

Entre 1980 et 2008, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a rapporté que la prévalence mondiale de l'obésité a presque doublé. Parallèlement, les estimations par pays dans la Région européenne de l'OMS en 2008 suggéraient que 50% des hommes et des femmes étaient en surpoids, tandis qu'environ 23% des femmes et 20% des hommes étaient obèses. Le surpoids ou l'obésité implique une «accumulation anormale ou excessive de graisses qui peut nuire à la santé».



Vers une recrudescence de la crise du surpoids

Sur la base des dernières estimations des pays de l'UE, l'OMS suggère que 30 à 70% des adultes sont en surpoids en Europe, tandis que l'obésité affecte 10 à 30% des adultes. En outre, dans la Région européenne de l'OMS, un enfant sur trois de 11 ans est en surpoids ou obèse. Sont considérées comme obèses, les personnes ayant un Indice de Masse Corporel supérieur ou égal à 30. Pour lutter contre l'augmentation du niveau d'obésité en Europe et les risques pour la santé qui y sont associés, il est recommandé de pratiquer chaque semaine environ deux heures et demie d'activité physique aérobie modérée à intensive. Les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé suggèrent que s'engager dans 150 minutes d'exercice aérobie chaque semaine pourrait réduire le risque de:

  • maladies cardiaques ischémiques d'environ 30%;
  • diabète de 27%; et
  • cancer du sein et du côlon de 21 à 25%.

Chez les enfants, l’obésité est généralement associée à des risques pour la santé, notamment:

  • Maladie cardiovasculaire ;
  • Diabète de type 2;
  • Problèmes orthopédiques ;
  • Les troubles mentaux ;
  • Sous-performance à l'école ;
  • Baisse de l'estime de soi.

Cependant, en Europe on estime que plus d'un tiers des adultes ne pratiquent pas un niveau d'activité suffisant, mais les hommes sont plus actifs que les femmes. C'est particulièrement le cas pour les pays à revenu élevé, où presque une femme sur deux ne fait pas suffisamment d'exercice physique.

A l’origine du problème

Alors que les pays d'Europe sont de plus en plus urbanisés, la dépendance à l'égard des voitures et autres véhicules s'est accrue. En conséquence, l'engagement dans les modes de transport actif (le vélo et la marche) a diminué, ainsi que les domaines d'engagement et les opportunités de s'engager dans ces formes d'exercice. Entre autres causes d'obésité on peut notamment citer les faibles taux d'allaitement maternel, le manque de compétence culinaire, la commercialisation excessive d'aliments hypercaloriques et les pressions liées au mode de vie qui limitent les possibilités d'activité physique, comme le travail ou les loisirs. Rajouter à cela, une alimentation déséquilibrée avec notamment des apports exagérés en glucides et protéines.

Dans le but de prévenir l'obésité et d’en gérer au mieux les conséquences, il existe un besoin de partenariats coordonnés impliquant différents secteurs gouvernementaux. Les communautés, les médias, le secteur privé, tous doivent être mis à contribution afin de garantir que l'alimentation et les niveaux quotidiens d'activité physique puissent être changé de manière efficace et durable.

Lutte contre l’obésité en Europe

Au cours des dernières années, la plupart des actions dans le domaine de la prévention de l'obésité ont été spontanées et unilatérales. Cela s’est donc souvent fait au détriment du partenariat tant recommandé par les experts entre les responsables à divers niveaux. La nécessité de créer un processus systématique et transparent a été reconnue, et a conduit la commission de l’UE à adopter un programme organisant une stratégie générale pour lutter contre ce fléau.

Les consultations sur l’élaboration de ce document stratégique ont dégagé un très large consensus sur le point de vue selon lequel la Communauté devrait contribuer en travaillant avec un large éventail de parties prenantes au niveau national, régional et local. Les répondants ont souligné le besoin de cohérence et de cohérence dans les politiques communautaires et l'importance d'une approche multisectorielle.

L’UE a donc entrepris de baser ses différentes actions sur la base de trois principales considérations. Premièrement, l'individu est l’ultime responsable de son mode de vie et de celui de ses enfants en dépit de l'importance et l'influence de l'environnement sur son comportement. Deuxièmement, seul un consommateur bien informé est capable de prendre des décisions rationnelles. Enfin, une réponse optimale dans ce domaine sera obtenue en promouvant à la fois la complémentarité et l'intégration des différents domaines politiques concernés (approche horizontale) et des différents niveaux d'action (approche verticale).

Les politiques au niveau de l'UE ont été prudentes car bon nombre des problèmes liés à l'obésité font encore l’objet de controverses l'UE ne dispose pas d'un mandat clair fondé sur un traité pour s’occuper des problèmes liés à la santé et aux soins. Les deux principaux éléments de la politique communautaire de lutte contre l’obésité ont été une stratégie sur la nutrition, le surpoids et les problèmes de santé liés à l'obésité (comprenant plusieurs volets de politique) et plus récemment, un plan d'action sur l'obésité infantile. Ces politiques s'appuient en grande partie sur une meilleure information du public, la promotion de l'activité physique, une meilleure nutrition et des normes alimentaires plus strictes ainsi que des mesures visant à affecter les solutions de transport urbain en vue d'inciter les gens à marcher ou à utiliser des vélos plutôt que des voitures.

Quelles perspectives ?

Que peut-on faire de plus au niveau de l'UE pour relever le défi croissant de l'obésité en Europe ? Il reste de nombreuses actions à entreprendre pour compléter les politiques et ambitions existantes. L’une des pistes à explorer est celle de la recherche et le soutien à la recherche par le biais de la dotation budgétaire conséquente au niveau de l'UE. La science de l'obésité est complexe, mais a fait des progrès importants ces dernières années. De nouvelles perspectives d’élaboration de politiques de prévention et de traitement beaucoup plus efficaces que celles du passé.

Par ailleurs, l’UE est certes engagée dans la lutte contre l’obésité. Mais il n’en demeure pas moins vrai qu’elle organise les normes de production alimentaire sur son territoire. Une production alimentaire qui a un impact direct sur la santé des populations. Une réelle volonté politique à ce niveau permettrait de faire de considérables progrès dans la lutte contre cette épidémie.


Albert Dura










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