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Textes Littéraires
17/07/2006 - 23:57

Les enfants des ténèbres -21-

Roman - Chapitres 24 - 25



Chapitre 24

Les enfants des ténèbres -21-
Le lendemain matin, Anastasio se rendit au rendez-vous de Vergier et du flic. C'était un tripot infâme de l'autre côté du fleuve dans le vieux Lormont.
Il attaqua tout de suite en négligeant la liasse de billets de banques sur la table:
- Bon, Eugène, qu'as tu trouvé?" Vergier les regarda l'un après l'autre, regrettant déjà ce qu'il allait dire:
- C'était une explosion ... Vraisemblablement de propane, disent les conclusions. Aucun survivant excepté. . . "
Et son regard se tourna vers le manchot.
Bastard intervint:
- Il est vivant, je le sais. D'une façon où d'une autre, il est quelque part. Trouvez-le. "
- Je veux cinquante mille, Commissaire. "
Bastard se leva d'une seule détente. Ils commençaient à s'y faire.
- Voici ce que je vous ai récolté. Les éventuels frais viendront en sus, sur justificatifs. Il y a soixante dix mille. "
Il resta debout, ils durent lever les yeux. Lui grimaça, comme à regret, et ses yeux prirent une coloration teintée de rouge.
- J'ai pas peur. Faites votre boulot, c'est tout. "
Il en avait de bonnes, lui. Vergier et Anastasio, avaient peur. Mais moins Vergier, il ne savait pas.

Anastasio commanda les bières.
- Dis donc, Vergier, il y en avait combien, des cadavres d'enfants? "
- Sept, répondit il.
- Alors vous mentez, Commissaire, parce que tout comme moi, vous savez qu'ils sont des centaines, peut-être des milliers, et qu'ils sont passés; morts ou vifs, ils sont passés!
Bastard but sa bière d'une traite. Toujours debout, il balança son moignon au détective. Ce fut comme un boulet.
Son visage animé d'un sourire électrique, il jeta:
Je me suis beaucoup entraîné pour arriver à ça. Je voulais juste vous montrer, pour le cas où vous me parleriez encore de cette connerie de passage. Puis il tourna le dos et s'en alla.

Vergier fit mine de rien. Il réclama au serveur des olives. On lui répondit par la négative.
- Dis, Maxime, on les paie les tapis?
Puis il ajouta: c'est quoi, alors, cette secte, et ce passage du flic? "
Anastasio lui posa la main sur l'épaule et sourit:
- C'est du bidon, mon vieux, rien que du bidon. "





Chapitre 25

Il était bien égal à Bastard qu'on ne le crût pas. Depuis l'Eguière, voilà six mois, depuis qu'il menait ce double jeu, il s'était habitué aux regards soupçonneux des gens qu'il sollicitait, ou manipulait pour obtenir ce qu'il cherchait; ses supérieurs hiérarchiques, les curés, ce toubib, ils avaient tous fini par faire semblant de le croire. Un crapaud, se disait il en roulant vers l'autre rive, ça saute mais ça ne tombe pas. Il s'enfonça dans les coussins de la R25 de service, donna dans un soupir l'adresse de l'hôpital psychiatrique.
Bastard voulait comprendre, découvrir où se trouvait Bébé, les autres enfants aussi. Il soupçonnait l'administration de ne pas tout dire, les rapports de tronquer la vérité. Des centaines d'enfants ne pouvaient pas disparaître sans que cela soulevât un scandale national. Il y avait forcément des parents quelque part. Peu, très peu de mères avaient été localisées. Qu'il ait pu constater les pouvoirs psychologiques des enfants ne le convainquait qu'à moitié. C'était une mutation, voilà tout. Un jour, la science expliquera ... La seule véritable énigme résidait dans la disparition des enfants. Il restait à Bastard une seule piste: Anastasio. Il y avait aussi la disparition des corps. A l'Eguière, Bastard n'avait pas retrouvé celui de Joseph, celui de Laurence non plus. Cela durait depuis six mois.
"Six mois, c'est court, très court. Nom de Dieu, que Laurence me manque!" Il ravala son amertume, secoua son moignon gonflé par le froid, plongea dans ses souvenirs. Laurence qui pleurniche, Laurence qui accepte leurs étreintes brutales de violence contenue. "Qui se ressemble s'assemble" conclut Bastard en étendant les jambes. Elle aussi aimait saigner du cul. Elle interdisait le reste, tout le reste. Sauf une fois, lorsqu'il l'avait prise de force. Un petit viol, une passade. Ensuite, il n'eut qu'à jurer et elle le crut. Il en riait encore. Mais avec une certaine tendresse, sans remords. Et si Laurence avait su dès le début de leur relation, si elle avait souhaité cet enfant mutant? Tam Tam aurait donc été consentant, il aurait prévenu sa femme?
Tout cela était absurde mais pouvait s'avérer exact par le simple fait de la stérilité de Fabien Deguers. Au quel cas se serait moi le dindon, sourit le préfet.



Henri Vario







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