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Textes Littéraires
15/09/2006 - 23:04

Les enfants des ténèbres -23-

Roman - Chapitre 27



Les enfants des ténèbres -23-
Lapierre ne savait que penser de l'hospitalisation de sa femme. Il aurait préféré la garder auprès de lui de manière à ce qu'Anastasio puisse la suivre dans l'éventualité où elle aurait quitté la maison. Mais les voisins avaient parlé à la police de la disparition de l'enfant, chose, d'ailleurs, qu'ils n'auraient pas découverte si Chantal ne s'était pas épanchée.

Maintenant, il n'avait plus ni femme ni enfant. Même s'il avait remplacé le yorkshire assassiné par un jeune berger allemand, il ressentait une profonde solitude qu'il avait du mal à assumer.
Bien sûr, il y avait son travail ainsi que la compassion des gens, y compris des voisins délateurs, mais Nicolas aurait préféré qu'on ne se souciât pas de ses affaires. C'était pour cette raison qu'il avait demandé au détective de retrouver son petit Cédric.

Quand, la nuit de la disparition, il avait entendu les pleurs de son fils, il avait cru d'abord à un cauchemar. Mais sa femme, qui était sensée dormir, était demeurée introuvable. Les nuits suivantes, il fit semblant de ne rien entendre. Non pas qu'il craignît pour sa vie mais il désirait de tout son coeur limiter les dégâts. Un bon détective, se disait-il, le suivra et le ramènera.
D'ailleurs Nicolas, qui n'avait pas cru sa femme lorsqu'elle lui avait affirmé avoir accouché d'un mutant, n'était plus très sûr de ce premier jugement.
Il avait vu Chantal regarder placidement leur fils Cédric sortir du congélateur. Il n'ignorait pas que le bébé y passait ses journées. "C'est de la viande, criait parfois Nicolas, rien que de la viande."
Sans en parler à Chantal, il avait condamné la prise électrique. La jeune femme était alors entrée dans une fureur horrible, l'accusant de vouloir assassiner leur enfant.
Nicolas ne voulait pas sombrer dans cet univers de folie que sa femme cultivait. Quelquefois, quand de ses doigts il caressait les touches de son ordinateur, il s'affirmait d'une voix tranquille:" Cédric n'est pas mon enfant, Chantal n'est rien pour moi." La formule rassurante s'inscrivait sur son écran vidéo, la respiration du jeune homme se régulait, son esprit s'apaisait.
" Le détective! Le détective trouvera de quoi il s'agit. Chantal ne lui avait-elle pas suggéré de faire appel à lui?"
Mais Anastasio ne lui avait pas donné signe de vie. Ce fut Bastard qui lui rendit visite pendant que la télévision donnait Dallas, épisode dans lequel Pamela sauvait sa vie au détriment de son ex mari Bobby, lequel, pour l'occasion, se faisait renverser par le véhicule de sa belle-sœur.
Bastard sembla se poser la question de savoir s'il s'agissait véritablement d'un accident; ce dont Nicolas se moquait complètement, il ne s'intéressait qu'aux costumes et décors somptueux.
Lorsque le flic l'interrogea sur ses relations avec le détective, le jeune homme prétendait qu'ils étaient vaguement cousins mais il se demanda ce que pouvait faire un préfet de police à vingt et une heures chez un particulier. Naturellement, il n'était pas question de pousser plus en avant l'interrogation. Il eut préféré se confier, être assuré d'une alliance aussi puissante. Cela l'aurait aidé à maîtriser cet hallucinant tourbillon qui menaçait de l'entraîner dans le vide. Mais, quelque chose dans la personnalité de Bastard ne cadrait pas. Par exemple, cette façon qu'il avait eu de remuer le sucre de son thé jusqu'à ce que l'infusette fût complètement déchirée et l'herbe répandue. Une fois le papier remonté à la surface, le policier l'avait écart d'un petit geste sec.

Nicolas en eut bientôt assez de regarder la télévision avec un manchot qu'il trouvait décidément bien mal fagoté. Il commença à montrer de l'impatience, d'autant que l'heure à laquelle les pleurs de Cédric allaient se faire entendre approchait. Ce minable de flic, se dit-il ne me quittera pas de la nuit.
Puis, Bastard rebondit sur ses pieds. Il demanda à visiter la maison. Nicolas refusa de l'accompagner.

C'est visiblement en colère que le flic revint dans le séjour avec à la main le petit agenda de poche de Chantal. Nicolas ne vit pas tout de suite la raison du courroux. Bastard ne faisait que le regarder en tapotant le petit carnet sur son moignon. Le jeune homme compris que la partie secrète de la vie de Chantal était découverte. Il se sentait sale, très sale.

Nicolas avait fini par cracher le morceau après avoir perdu une dent. Bastard aurait préféré, à la place de ce garçon à l'allure de fils de bonne famille, utiliser, en guise de putching baIl, cet ingrat d'Anastasio qui cachait si bien son jeu.

Quant à savoir comment Chantal avait pu faire la connaissance d'un tordu comme le détective exorciste, le mystère semblait à Bastard encore bien épais. Pourtant, il parut dores et déjà évident que ces deux là étaient amants depuis longtemps. La lettre trouvée dans le carnet était à cet égard sans équivoque. Contrairement à Bastard qui chercha sournoisement à rapprocher la date inscrite sur la lettre de celle de la naissance de Cédric, Nicolas était bien persuadé qu'il était le géniteur de son fils. Il n'en voulait pour preuve que la grande ressemblance de l'enfant avec feu Monsieur Lapierre, son père.


Henri VARIO-NOUIOUA








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