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Régions
18/02/2009 - 13:31

Les violences en Guadeloupe font leur premier mort

Paris- La Guadeloupe a connu ce mercredi son premier mort lors d'une nouvelle nuit de violences, après un mois de grève générale.



Le gouvernement a réitéré son appel au calme et à la négociation, tandis que le ministère de l'Intérieur a annoncé la tenue à partir de mercredi 16h00 d'une réunion quotidienne sur la sécurité aux Antilles avant la rencontre, jeudi, entre Nicolas Sarkozy et les élus locaux.

La victime est un délégué syndical du collectif contre la vie chère et les surprofits (LKP), Jacques Bino, qui se trouvait en voiture avec une autre personne, a déclaré Hubert Vernet, secrétaire général de la préfecture de Guadeloupe.

"Il s'est trouvé devant un barrage et, semble-t-il, en voulant faire demi-tour a été tabassé et s'est fait tirer dessus par des jeunes qui tenaient le barrage", a-t-il expliqué.

Trois policiers qui étaient intervenus pour lui porter secours ont été légèrement blessés, a-t-il ajouté.

Le préfet de Guadeloupe, Nicolas Desforges, a insisté sur le fait que ce drame n'était pas lié à un affrontement entre les manifestants et les forces de l'ordre, qui ont été appelées par les pompiers pour aller venir en aide à un homme blessé.

"Comme la situation était extrêmement tendue, ils n'ont pu y parvenir, ils ont eux même subi des tirs en provenance de ce barrage, des tirs de fusil de chasse à cartouches. Tout le monde s'est replié pour revenir un peu plus tard et se trouver en présence d'un homme mort au volant de sa voiture présentant une large plaie au thorax", a-t-il déclaré.

"Nous affrontons des personnes qui tirent effectivement des cartouches sur les forces de l'ordre", a-t-il expliqué.

Quatre escadrons de gendarmerie ont été déployés la nuit de mardi à mercredi, au cours de laquelle 15 commerces ont été pillés et sept incendies criminels ont visé des établissements industriels. Une trentaine de véhicules ont été incendiés.

Treize personnes ont été interpellées, qui s'ajoutent aux 18 "casseurs" arrêtés dans la nuit de lundi à mardi.

Nicolas Desforges a insisté sur la différence entre les incidents qui émaillent la journée des violences de la nuit.

"Le jour nous avons affaire à des manifestants organisés qui défilent dans des conditions tout à fait normales ou qui bloquent la voie publique", a-t-il dit, alors que la nuit "on est face à des bandes de jeunes qui ne sont pas directement liés au mouvement social mais qui surfent en quelque sorte sur la vague du mouvement social pour commettre des déprédations".

Le décès de Jacques Bino, le premier depuis le début des émeutes qui émaillent la contestation sociale en Guadeloupe, pourrait accroître la tension dans l'île, où les dirigeants du LKP imputent la responsabilité des violences au gouvernement.

Pour Elie Domota, chef de file du LKP, l'Etat est responsable de l'embrasement parce qu'il a trompé les syndicats et privilégie la répression.

"Depuis 30 jours, la situation, on la maîtrisait totalement et le préfet a envoyé des gendarmes qui ont tabassé des manifestants devant les caméras de télévision, c'est comme ca que tout a démarré", a-t-il déclaré sur France Inter.

"C'est désolant qu'il faille à chaque fois que les Guadeloupéens posent un problème qu'il y ait un mort pour trouver des solutions", a-t-il ajouté. "C'est quasiment la Guadeloupe qui est en train d'exploser."

Le gouvernement estime que l'heure est plus que jamais à la négociation pour mettre fin à l'engrenage.

"Il faut vraiment qu'il y ait une trêve dans ces violences, il faut vraiment que le dialogue entre les patrons et les salariés reprennent", a souligné le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, en estimant que les propositions du gouvernement pour sortir de l'impasse "sont expertisées".

Les discussions entre les syndicats de l'île et le gouvernement ont pour l'heure achoppé sur la question d'une augmentation de 200 euros des salaires les plus bas.

L'opposition politique et les dirigeants syndicaux accusent eux le gouvernement d'avoir négligé cette crise.

"Le gouvernement a fait un certain nombre de gestes qui ont aggravé cette crise (...) c'est calamiteux et dangereux", a estimé le président du Modem François Bayrou.

Pour le premier secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry, interrogée sur France Inter, c'est le "sentiment d'abandon" qui entretient la contestation en Guadeloupe.

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a jugé quant à lui que l'Etat a pris "un risque dangereux, laisser pourrir la situation". Il souhaite aborder le sujet lors du sommet social prévu mercredi après-midi à l'Elysée.


Source: Yahoo News

Awa Diakhate



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