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France
19/08/2009 - 16:12

Michèle Alliot-Marie promet d'agir contre les suicides en prison

La multiplication des suicides dans les 194 prisons françaises, proches d'un record historique de surpopulation, a conduit la ministre de la Justice à promettre mardi la transparence et à présenter un programme d'action.



Mais des associations et le spécialiste Louis Albrand, médecin et auteur du rapport sur lequel se fonde Michèle Alliot-Marie, demandent un changement plus radical.

Les prisons hébergeaient 62.420 détenus pour 51.000 places au 1er août, selon les chiffres officiels, une situation jugée critique par les syndicats pénitentiaires et Nicolas Sarkozy, qui a parlé le 22 juin dernier de "honte pour la République" devant le Congrès des députés et sénateurs réuni à Versailles.

Après une visite à la prison d'Orléans (Loiret), le garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, qui a remplacé en juin Rachida Dati, a annoncé un bilan officiel de 81 morts par suicide en 2009. L'association spécialisée Ban public avance de son côté le chiffre de 92 morts. Le chiffre pour l'ensemble de l'année 2008 était de 115 morts.

La ministre a expliqué qu'elle publierait deux fois par an le bilan. "Je souhaite la transparence", a-t-elle dit.

"On a baissé de façon importante le nombre de suicides en prison par rapport au nombre de prisonniers mais chaque suicide est un suicide de trop", a-t-elle ajouté.

Elle entend appliquer vingt mesures préconisées en avril dans un rapport d'une commission dirigée par Louis Albrand. Ce médecin avait boycotté la remise du document, car selon lui on tentait d'en édulcorer les conclusions.

Rachida Dati n'avait pas publié ce rapport. Michèle Alliot-Marie a dit vouloir mettre l'accent sur quatre points, comme la formation des personnels pénitentiaires et la remise aux détenus de draps et couvertures indéchirables, de pyjamas en papier et de matelas ininflammables.

Elle préconise aussi l'amélioration de l'accueil des personnes arrivant en détention ou en quartier disciplinaire et la nomination de "détenus de soutien", plus anciens et psychologiquement stables, qui accompagneraient d'autres détenus présentant des risques suicidaires.

Les associations spécialisées ont réagi avec scepticisme, notamment sur la mesure consistant à confier à des détenus "sains" la tâche de prévention.

"La nomination d'un détenu référent me rappelle des heures sombres de l'histoire", a dit à Reuters Loïc Broudin, du syndicat Ufap (Union fédérale autonome pénitentiaire).

Florence Aubenas, une journaliste qui a été otage en Irak en 2005 et qui est présidente de l'Observatoire international des prisons (OIP), n'est pas moins critique.

"On tourne en rond. En 2008, 71% des 115 détenus suicidés avaient fait l'objet d'un signalement, mais aucune mesure n'a suivi", a-t-elle dit.

Les associations et les spécialistes estiment qu'il faut revoir globalement la gestion des lieux de détention, très souvent vétustes, obligés de placer jusqu'à six détenus dans une cellule prévue pour deux, manquant de personnels sociaux et médicaux et même de gardiens en nombre suffisant.

Ils soulignent que plusieurs études ont montré qu'entre un tiers et un quart des détenus souffraient de troubles mentaux. Ce contexte général rend très difficile, voire impossible, toute activité et compromet les soins et les visites familiales pour les détenus, et la situation s'aggrave, ajoutent-ils.

Selon un rapport publié par le ministère de la Justice en juillet, la population carcérale pourrait monter à plus de 80.000 détenus en 2017 sous l'effet des lois comme celle ayant instauré en 2007 des peines "plancher" minimales pour les récidivistes.

Soulignant que le taux de récidive de détenus français libérés est le plus fort en Europe, Louis Albrand propose une réforme générale des prisons dans plusieurs entretiens à la presse publiés mardi.

"Il faut créer des postes, remettre des hommes et du liant dans les relations en prison. La prison doit devenir transparente car elle est une institution de la République. Elle doit s'ouvrir aux associations, aux églises, aux journalistes. Il faut sortir de cette culture punitive selon laquelle un détenu doit en baver", dit-il au Monde.


Source: Reuters via Yahoo news

Awa Diakhate








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