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30/03/2009 - 19:40

Une exposition interrompue par une querelle d'experts

Il arrive que des faux tableaux se glissent dans des expositions de musées. Mais 190 d'un coup, ce serait du jamais-vu. Ouverte le 30 janvier au château-musée de Tours, l'exposition "Alexandra Exter et ses amis russes" a été fermée prématurément le 19 mars, et l'ensemble des 192 tableaux présentés ont été saisis à la suite d'une plainte de l'historien d'art Andrei Nakov .



Construction Scene with Plastic Gymnastic Figures
Construction Scene with Plastic Gymnastic Figures
Il estime que sur l'ensemble, seules deux œuvres sont authentiques, "et encore, sous réserve", précise-t-il : "J'ai fourni aux magistrats des arguments pour prouver mes dires, il y a des indices, des provenances douteuses, et les signatures."

Sur les conseils de son avocat, M. Nakov s'était adjoint deux graphologues, qui ont examiné les signatures de l'artiste et les ont déclarées fausses, "un argument massue", selon lui, qui a terminé de convaincre les magistrats. "Les archives qui accompagnaient l'exposition sont toutes aussi fantaisistes, insiste-t-il. Il y a des dédicaces rédigées en hongrois ou en scandinave, et un catalogue dont le tampon prouve qu'il a été volé au musée de Prague."

L'exposition a été organisée par un autre expert d'art russe, Jean Chauvelin. Agé de 75 ans, il se dit "désolé pour la ville de Tours" et maintient que "c'était une exposition magnifique", tout en déniant à M. Nakov la moindre compétence en la matière : "Cela fait dix ans qu'avec Nadia Filonov je travaille sur le catalogue raisonné d'Exter. Ce monsieur ne s'est jamais manifesté." M. Nakov considère pour sa part devoir agir au nom du droit moral de l'artiste. Alexandra Exter (1882-1949) était une constructiviste russe qui a créé des tableaux, mais aussi des affiches, des décors de théâtre et de cinéma, ainsi que des costumes de scène.

Morte en 1949, elle aurait transmis ce droit en même temps que d'importantes archives au peintre Simon Lissim (1900-1981), qui les aurait lui-même légués à M. Nakov. "S'il avait le droit moral, rétorque M. Chauvelin, il pouvait faire saisir l'exposition dès le début. Or il a attendu les derniers jours." M. Nakov précise n'avoir "été mis au courant qu'indirectement de l'existence de cette exposition, alors que je connais Alain Irlandes, le directeur du musée. Pourtant il ne m'a pas contacté lors de la préparation de cette exposition".

Sur les 192 tableaux saisis par l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels, 130 appartiennent à M. Chauvelin, qui n'a pas pu fournir aux policiers de certificats d'authenticité pour les toiles. "Et pour cause, dit-il, je n'en ai pas besoin, l'expert, c'est moi !" Des certificats qui, comme la plupart de ceux concernant les avant-gardes russes du début du XXe siècle, seraient de toute façon à considérer avec précaution : "Il y a encore dix ans, les conservateurs des musées de Russie vous signaient n'importe quel certificat en échange de 100 dollars", dit un galeriste parisien de la rue de Seine, sous couvert d'anonymat. Le procureur de Tours aura un bel écheveau à démêler.

Source: Le Monde via Yahoo News
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Awa Diakhate








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