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Tribune Libre
28/01/2019 - 17:42

Vigilance contre la prédation des fourmis

Il me vient parfois l'idée que nous humains nous distinguons des insectes par notre faculté à être vigilants, que, somme toute, sans cette faculté, toute, nous ne sommes que des fourmis plus ou moins grandes, plus ou moins prédatrices, voraces. Le sommes-nous? En un mot, sommes-nous des fourmis qui s'écrasent les unes les autres, tout simplement par manque de vigilance, par notre incapacité à prendre soin les uns des autres, occupés à consolider ou créer le pouvoir temporel que d'autres, plus puissants, nous concèdent?



Vigilance contre la prédation des fourmis
Sans s'obliger à regarder ses chaussures en marchant, nous pourrions, par exemple, tenter de ne pas nous comporter en prédateurs, conséquence d'un capitalisme, lequel, à l'observation, peut paraître si naturel. Pourtant, nous sommes dotés de conscience mais peut-être pas suffisamment évolués pour savoir que les humains sont liés les uns aux autres. Elles sont laborieuse, les fourmis; elles ont une reine; leur société est organisée, un peu comme la nôtre. Quant à nous, en haut de la chaîne alimentaire, fourmis et guêpes sont trop petites pour nous intéresser, il ne nous reste plus qu'à nous lapider les uns les autres. Nous avons la fraternité, à la rigueur l'amitié.

Entre amis, la règle à ne pas transgresser serait simple: " surtout ne pas blesser".  Mais comment savoir que l'autre est blessé? Je me souviens de cette rumeur, une légende sans doute qui veut qu'un passant soit mort frappé d'une crise cardiaque au passage d'une voiture qui l'aurait frôlé sans même le toucher. On dit qu'il pleuvait fort ce jour là, et que le conducteur était le fils de la victime. Faut-il en déduire que nous sommes tous des fourmis et que l'on peut se piétiner les uns les autres sans même se voir? Des fourmis à taille variable, en somme.

Et ce père à pied sous la pluie qui n'avait pas vu son fils ni la voiture. A cause de la visibilité réduite sans doute ou tout simplement parce qu'il lui tournait le dos! Qui sait?

Un ancien m'a dit un jour que le destin "frappe au hasard."  Mais le hasard n'est-il pas aboli par l'Histoire qui se répète à l'infini? Pourtant, qui peut dire par exemple que le vent de la guerre ne fait pas entendre son souffle, que l'odeur du sang, des larmes ne voyage pas de cœur en cœur, franchissant les frontières entre les humains plus facilement pour frapper que pour soigner? Je ne sais pas. Je sais en revanche que le rouleau compresseur des puissants est en marche et que, tour à tour, chacun d'entre nous pourrait en être complice ou victime sans même le savoir. Le destin dites-vous? Immense complot des riches contre les pauvres? Quoi: Obama aurait trahi? Là encore, pas de réponse sinon pour hurler que la Shoah et ses six millions de morts ne nous ont pas servi de leçon, le bombardement d'Hiroshima et Nagasaki non plus et que chaque jour quatre milles enfant meurent du manque d'eau potable. Ce sont de si petites fourmis...

 


Henri Vario-Nouioua












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